"Quai des bulles", superbe festival de BD à Saint Malo
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LES ÉCRANS DE L’APOCALYPSE
Les ouvrages sur la Bombe au cinéma ne manquent certes pas. Cependant, dans son étude L’Écran de l’Apocalypse, sous-titrée “L’angoisse nucléaire au cinéma”, Alain Vézina, tout en se bornant à revenir sur une seule quarantaine de titres, ne se contente pas de nous livrer une classique critique ou historiques des films mais, évoquant «la perspective d’une guerre nucléaire ou d’un accident catastrophique dans une centrale compte parmi les pires cauchemars de la civilisation moderne», il insiste pour mettre chaque fois en résonnance les faits et leur traduction à l’écran. Pour reprendre les hypothèses ci-dessus rappelées, n’oublions pas que c’est réellement arrivé, dans le premier cas Hiroshima et Nagasaki, dans le second Tchernobyl et Fukushima, et que chaque fois le cinéma s’est précipité pour en donner sa version : premier film sur la guerre atomique, Five d’Arch Oboler en 1951, et si ce peut être un hasard que Lettres d’un homme mort de Lopouchanski date de 1986, l’année de Tchernobyl, le film sur la catastrophe suit dès 1991. L’atome, aucun doute, attire les caméras, à preuve, le premier essai d’une bombe, Trinity, en juillet1945, fut abondamment filmé alors qu’on ne savait même pas si l’atmosphère dans son ensemble n’allait pas s’embraser. Et quant à «vivre avec la Bombe», les États-Unis nous en donne un bel exemple avec le discours de 1953 d’Eisenhower «Des atomes pour la paix» et, à l’inverse, la folie de la construction, par des particuliers, des abris antinucléaires (200 000 parait-il) ou, dans les écoles, les exercices de protection en cas d’alerte (se cacher sous son bureau). Bien sûr, Alain Vézina, professeur de cinéma au Québec n’oublie pas les digressions plus fantasmatiques que toutes ces peurs ont pu entraîner à l’écran, lui qui fut déjà l’auteur de Godzilla et l’Amérique, sujet sur lequel il revient ici, avec toutes les mutations dont la radioactivité sera responsable à l’écran. Mais, pour en prendre connaissance, mieux vaut vous renvoyer à ses pages aussi perspicaces qu’instructives, ne pouvant que souhaiter qu’il ait raison en espérant que «tous ces monstres atomiques pourraient se révéler des éveilleurs de conscience qui empêcheront peut-être notre réalité de basculer dans leur diégèse cauchemardesque» (Presse de l’Université de Montréal).
FUTURS NO FUTURE – QUE RESTE-IL DU CYBERPUNK ?
Antoine Daer / ***
Et d’abord, comment comment définir ce terme, qu’Antoine Daer, dans son ouvrage monumental Futurs no future – que reste-il du cyberpunk ?, voit comme «un sujet fuyant, mutant, bizarre et donc difficile à circonscrire», car répondant à trois réalités différentes : un mouvement de la sf dont l’explosion est circonscrite dans les années 1980-90 ; un genre à géométrie variable faisant appel à du rétrofuturisme, où la technologie à vapeur domine la conception de l’univers ; une culture enfin, «qui essaime dans tous les courants artistiques, mais aussi dans de nombreux mouvements philosophiques, politiques et spirituels, revendiqué par quantités d’artistes, hackeurs, militants activistes et amateurs à travers le monde». On comprendra donc qu’il a bien fallu 500 pages à l’auteur, fondateur du média en ligne Cosmo Orbüs en 2010 et co-fondateur de l’émission Planète B en 2022. D’où une enquête extrêmement fouillée, où l’auteur n’hésite pas à se situer au cœur de ses recherches («Je suis né en 1989, l’année de la chute du mur de Berlin…») concernant une contre-culture qui, depuis Blade Runner, a façonné durablement les imaginaires littéraires et artistiques, du jeu vidéo au cinéma en passant par les arts graphiques et les séries télévisées. Que conclue-il suite au point d’interrogation qui borne son titre ? D’abord que le futur n’existe pas (puisque nous n’y sommes pas encore), ce qui signifie qu’il reste à inventer, serait-ce «sous l’ombre dominatrice de la Silicon Valley». Vraiment ? (Actusf).
AU PAYS DES INSECTES
Adèle, entomologiste de renom qui possède la capacité de communiquer avec les insectes par leur odeur, traverse un désert qu’on imagine post-apocalyptique pour regagner Rochedaine, son village natal qu’elle a quitté voici plus de dix ans, pour y retrouver un ami d’enfance qui lui apprend que plusieurs de leur amis d’autrefois ont disparu, dont l’apparition d’une Guêpe Noire mutante ne serait pas étrangère… Le thème de l’univers où les humains sont confrontés à des insectes devenus géants est loin d’être nouveau mais, avec Buglands – la Guêpe noire, Jared Muralt, auteur suisse apparu chez nous en 2020 avec La Chute, possède une manière très personnelle de s’en emparer, à la fois mythique et poétique, avec son personnage de garçonne dont l’esprit entre en résonnance avec les insectes. Ne part-elle pas en exploration à dos d’une mante religieuse dont les pattes faucheuses ont été liées par précaution ? Auteur complet, Muralt, use d’une ligne claire très précise mais tout en rondeur, où il excelle à composer de vastes panoramas stériles et rocheux teintés de délicates couleurs solaires, une esthétique qui rappelle le regretté Arno. Une découverte (Les Humanoïdes associés).
DES BULLES AU FESTIVAL QUAI DES BULLES
Quai des Bulles est un festival de la bande dessinée se déroulant à Saint-Malo. Par sa fréquentation, il est le 2ᵉ festival français du genre, après celui d’Angoulême. Situé au Palais du Grand Large du 24 au 26 octobre, on y trouvera au programme des expositions, dont la première consacrée à Tony Valente avec les planches de Radiant, les Idées noires de Franquin, des projections, des animations et diverses rencontres. Au Quai St-Malo, le Salon du livre avec 900 autrices et auteurs attendus, 150 stands tenus par des éditeurs BD, comics, manga, fanzines, objets et tirages de collection. Au Pôle culturel La Grande Passerelle, Expositions, rencontres, projections,. Contacts et tous renseignements : 02 99 40 39 63 / info@quaidesbulles.com / festival.quaidesbulles.com/
DES COUVERTURES À VENDRE
Comme l’an dernier, le Bélial’met en vente les magnifiques illustrations de couverture d’Aurélien Police pour la collection « Une Heure-Lumière » (UHL pour les intimes) sous la forme de tirages d’art, imprimées avec des encres pigmentaires sur un papier coton neutre 310 g, dans un format d’impression d’environ 40 x 60 cm sur une planche 50 x 70 cm. Commandes jusqu’au 15 novembre, à : contact@belial.fr
Jean-Pierre ANDREVON
L’AMULETTE, PARFAIT SORTILÈGE DE L’AUTEUR DE BEETLEJUICE
Michael McDowell/ ****
L’éditeur Monsieur Toussaint Louverture poursuit son travail exploratoire de l’œuvre inédite en France de Michael McDowell (1950-1999), romancier américain trop tôt disparu auquel on doit notamment l’intrigue de Beetlejuice et la formidable saga South Gothic ‘’Blackwater’’ (déjà évoquée dans nos colonnes) en nous proposant pile pour Halloween cette ‘’Amulette’’, tout premier opus de celui que Stephen King considérait comme un maître dans leur genre de prédilection. Plantant le décor de son récit en Alabama à l’orée de la guerre du Vietnam, l’auteur de ‘’Lune froide sur Babylone’’ et ‘’Katie’’ trousse là une savoureuse histoire maléfique qui, en plus de 440 pages, nous tient en haleine dans un crescendo de morts violentes teintées de gore sur lesquelles plane l’ombre d’un bijou maudit. En l’occurrence la fameuse amulette du titre contaminant toute personne la détenant au fil d’une terrible ronde infernale initiée par la mère vindicative d’un jeune soldat grièvement blessé par l’explosion de son fusil lors d’un entrainement tragique. Un fusil fabriqué dans l’usine d’armement du cru, potentiellement passé entre les mains de la propre femme de l’impotent, honnie par sa terrible belle-mère et qui va tenter désespérément d’enrayer la mécanique mortifère à l’œuvre dans cette contrée, synonyme d’hécatombe décimant parents et enfants avec la même implacable logique infernale au gré de la trajectoire sanglante de cet artefact maudit. Non sans humour noir tempérant plaisamment son sens aigu de l’atroce, McDowell signait ainsi en 1979 une entrée fracassante dans la cour des grands de l’horreur en rendant aussi haletante qu’attachante sa peinture d’un microcosme rural plongé dans l’effroi, dominée par la figure implacable d’une matriarche digne de l’Annie Wilkes de ‘’Misery’’ (Monsieur Toussaint Louverture).
Sébastien SOCIAS
LA DIMENSION WALTER HILL
Créateur et rédacteur en chef de l’excellente revue de cinéma Ciné-Bazar, dont nous avions régulièrement parlé ici, et qui présentait la caractéristique de se composer en majorité d’interviews, Thomas Révay nous propose son premier livre de cinéma, qui reprend le même principe, puisque c’est un ouvrage à base d’entretiens, et pas de n’importe qui puisqu’outre Walter Hill (qui signa le scénario du premier Alien, et auquel on doit les réussites magistrales que sont Les rues de feu, 48 heures, Sans retour, Les guerriers de la nuit, etc) témoignent Sigourney Weaver, Lawrence Kasdan, Oliver Stone, Michael Mann, Christopher Walken, John Landis, Edward Wright et plusieurs autres. Le parcours de la carrière du cinéaste est bien sûr chronologique, entrecoupé de témoignages. Pas d’analyse des films mais des questions pertinentes auxquelles répond avec humour et sincérité Walter Hill, point avare d’anecdotes savoureuses. Au terme de la lecture, qui nous rend évidemment plus familier cet auteur-scénariste-producteur à la fois dans le système mais toujours fidèle à lui-même et à sa ligne directrice, l’envie irrésistible nous prend de revoir ses classiques ou de découvrir ses œuvres non encore visionnées sous l’éclairage de ce précieux volume et de ces entretiens dont le ton est particulièrement convivial (Rouge-Profond).
Alain SCHLOCKOFF








