"Le Seigneur des Anneaux", live en majesté symphonique à Paris
La question "Brandon Sanderson": est-il possible de le lire plus vite qu'il n'écrit ?
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URSULA K. LE GUIN, HUMOUR, POÉSIE, ENGAGEMENT
Qui ne connait la grande, l’immense Ursula K. Le Guin, décédée en 2018, que pour ses principaux romans, La Main gauche de la nuit ou Le nom du monde est forêt risque d’être surpris par le recueil Les Quatre vents du désir, publié aux États-Unis en1982, puis en France en 1988, et qu’on retrouve aujourd’hui dans une nouvelle édition. Établi par l’autrice, le volume regroupe 20 nouvelles écrites entre 1974 à 1982 et répartis selon les points cardinaux, Nadir, Nord, Est, Zénith, Ouest, Sud. Le texte d’ouverture, L’Auteur des graines d’acacia », consacrées à la thérolinguistique, l’étude du langage des bêtes sauvages débouchant sur une définition de la poésie, de l’art de la communication synthétise à la fois les diverses dimensions de son œuvre et le ton général des textes, qui donnent souvent l’impression d’être écrits au fil de la plume (n’avoue-t-elle pas : «Je ne cherche moi-même jamais en détail ce que j’ai voulu exprimer»), et laisser libre court à son imagination. En ne manquant pas d’humour, ainsi de La nouvelle Atlantide, qu’on peut considérer comme un récit apocalyptique mais où l’on trouve ce genre d’information concernant «les vingt-trois centrales atomiques à fission qui fournissent l’énergie de la région du Grand Portland». Et que dire de Le Test, sur la santé mentale en régime totalitaire où, dans les asiles on compte «trois milliards cent millions de pensionnaires et un milliard huit-cents millions de membres du personnel». Alors, est-elle bien sérieuse, dame Le Guin ? Dans le très long interview (90 pages) enregistré par Hélène Escudié en 2002 dans le cadre de la thèse qu’elle a consacrée à l’autrice, si elle parle de son éthique (terme dont elle se méfie) et l’indispendable amour des animaux qui la motive, elle avouera aussi : «Parfois, j’ai le sentiment que beaucoup de mes lecteurs ne se rendent jamais compte que je plaisante, que j’écris des choses qui ne sont pas censées être proses au premier degré».Au moins est-on averti en se plongeant dans cette qui est bien d’elle, qui est tout elle, qu’introduit une préface éclairante de David Meulemans et qui comporte aussi une bibliographie intégrale, sur une cinquantaine de pages supplémentaires compilées par Alain Sprauel. Qu’ajouter de plus ? Oui : indispensable (Le Livre de poche).
NANCY EN VOIT DE TOUTES LES COULEURS, LE ROUGE SURTOUT
Mais qui est cette Nancy ? Une petite fille à la figure ronde et aux cheveux en tête d’épingle sommés d’un ruban rouge. Et qui aime les “movies”, ainsi que le prouve la couverture jointe où, assise dans son fauteuil d’orchestre, elle s’apprête à se goinfrer de pop-corn. Oui, mais si elle n’a plus de tête ? Nancy, qu’on se rassure, n’est pas que victime puisque dans une autre image où elle semble vouloir curer les canines d’un crocodile à la gueule grande ouverte, on aperçoit sous la bête l’ébauche d’une flaque de sang et, dans son dos, la crosse d’une kalachnikov. Ces portraits, qu’on 36 au total, tracés d’un trait sûr rehaussé de différentes nappes de rouge et serrés dans un tout petit bouquin calibré 14 x 16, donc à mettre aisément dans sa poche, qu’on trouve dans The Nancy Horror Picture Show, sont dû à un de ces dessinateurs de l’absurde comme Paul Kirchner ou Chattie Poppins, ici l’argentin Lucas Varela, qui s’est plus à intégrer chaque fois sa vilaine héroïne dans le cadre d’un film. La faisant par exemple de dédoubler pour faire peur à un petit garçon en tricycle dans les couloirs de Shining ou, pour Psycho… aïe aïe aïe ! C’est délicieux, on en redemande (Tanibis).
ET SI ON JOUAIT ?
Savait-on que le plus ancien jeu collectif remonte à l’Égypte, il a 2500 ans avant notre ère et consistait en un dé à 18 faces ? Et que dans l’Inde du VIe siècle, le Chaturanga était une sorte de jeu de dames où l’on pouvait perdre sa tête ? Que Napoléon perdit face au robot joueur inventé par Wolfgand von Kempelen ? Et tout ça pour en arriver où ? Aux jeux de rôle actuels qui, après avoir puisé chez Conan, aboutissent au Dongeons and Dragons drainant des centaines de millions de wargamers, en plateau ou virtuels. Voilà ce que nous racontent par le détail Fred Van Lente et Tom Fowler dans Le jeu de rôle qui, après la SF entre autres, s’intégre dans la collection “Histoire de… en bande dessinée” où, sur 90 pages fouillées à l’extrême, Fowler mêle avec virtuosité toutes les créatures issues des jeux qui prennent vie autour des joueurs. Passionnant pour les fans, amusant et instructif pour les autres (Les Humanoïdes Associés).
GARE AUX RIPPERS !
Un samouraï isolé, percé de flèches, protège sa femme et fille en passe d’embarquer sur un voilier de l’attaque d’une bande pillards. Va-t-il succomber sous le nombre ? Maniant son katana avec une virtuosité peu commune, il transperce ou décapite un à un ses adversaires. Jusqu’au bout, Tanaka a suivi la voie du guerrier. Les applaudissements peuvent alors saluer cet exploit. Car nous ne sommes pas dans un chambara, ce que les 7 première pages de l’album nous faisaient croire, mais dans une salle de cinéma où est projeté de dernier film de Tanaka, acteur célèbre qui, le rideau tiré, n’a plus qu’à rentrer chez lui avec son épouse et sa fille Yuki. Où un danger bien plus terrible les guette. Avec Tanaka, sixième tome de leur série Gung Ho, le scénariste Benjamin von Eckartsberg et Chaïko au dessin renouent avec leur dystopie horrifique où le monde entier est en proie aux attaques des Rippers, ces monstres chasseurs d’humains venus d’on ne sait où. Et comme on n’est plus dans un film, la femme de Tanaka sera tuée lors d’une attaque de ces créatures au poil blanc, au corps simiesque, au mufle rouge et noir, dotés d’une célérité et d’une férocité sans pareil, dont l’irruption donne à Chaïko l’occasion de ses meilleures planches. En outre, lier le cinéma et la réalité, garder le même personnage entre sa personnalisation à l’écran et ce qu’il est dans la vie est l’une des réussites de cet album. Alors que va faire Tanaka ? Abandonner le cinéma pour reprendre son premier métier, former des combattants, dont sa fille, qu’on suivra jusqu’à ses 17 ans où, devenue l’égal de son père, elle poursuivra la lutte. Dans un septième album ? On l’espère… (Paquet).
BRANDON SANDERSON TOUJOURS EN PISTE
De quand date, ici même, les dernières nouvelles de Brandon Sanderson ? La semaine dernière ? Quand même pas, mais l’auteur est si prolifique qu’on ne sait plus où donner de la tête pour suivre ses publications. De l’île de Noirblaise (2025), il dit qu’il s’agit de «L’histoire d’un homme, de ses oiseaux et de la marée inéluctable du progrès», ajoutant que son roman, racontant comment Crépuscule, accompagné de ses deux Aviaires, oiseaux aux pouvoirs surnaturels, doit gagner Shadesmar pour sauver son peuple des envahisseurs tombés des étoiles, est tiré d’une novella antérieure, Sixième du Crépuscule, qu’on a pu lire en 2018 dans le recueil éponyme. Le roman, qui pèse ses 660 pages à la manière de ce fou du clavier est maintenant disponible en poche, et aussi dans une luxueuse édition collector illustrée. À quand le prochain ? (Le Livre de poche).
LE SEIGNEUR DES ANNEAUX EN CINÉ-CONCERT À PARIS
Le Yellow Socks Orchestra annonce un ciné-concert autour du film Le Seigneur des Anneaux : la Communauté de l’Anneau à l’Adidas Arena, dans le 18e arrondissement de Paris, les 6, 7 et 8 mars 2026 à l’Adidas Arena. Le film (version cinéma de 2001) est projeté en version originale sous-titrée sur écran géant, tandis que l’orchestre symphonique et un chœur interprètent en direct la bande originale d’Howard Shore, en synchronisation avec les images. Trois représentations sont programmées : les vendredi et samedi à 20h, et le dimanche à 16h. Sur scène, le Yellow Socks Orchestra mobilise un effectif annoncé de plus de. L’ensemble est présenté comme un orchestre symphonique riche de 85 musiciens et 150 choristes. La bande originale d’Howard Shore est interprétée en direct, au fil des séquences du film.
Jean-Pierre ANDREVON







